Regard sur l’économie mondiale & Évolution du marché de la gestion d’actifs

Bien que la croissance mondiale ait commencé à ralentir en 2018, la croissance américaine est restée solide, soutenue par la politique budgétaire. En revanche, la croissance a été très décevante au sein de la zone euro et la situation s’est dégradée dans les pays émergents.

Aux États-Unis, la confiance est restée très bien orientée jusqu’en fin d’année, le marché du travail a poursuivi son amélioration et l’inflation est demeurée contenue. La Réserve fédérale (Fed) a donc continué à normaliser sa politique monétaire. Cependant, la mise en place des droits de douane par Washington a alimenté les craintes d’une vraie guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine, avec des effets négatifs en fin d’année sur la croissance des échanges et la confiance. L’économie américaine devrait s’affaiblir davantage d’ici fin 2019 et conduire la Fed à mettre un terme à son cycle de hausse de taux.

En zone euro, la croissance a beaucoup déçu. Tout d’abord, l’activité industrielle et les exportations ont été affectées par le niveau élevé de l’euro en début d’année, puis par les tensions commerciales. De plus, en raison de facteurs temporaires (changements de normes anti-pollution), la production automobile allemande a fortement reculé. Enfin, la hausse du cours du baril (jusqu’en octobre) et l’accroissement de l’incertitude politique dans les grands pays au fil de l’année 2018 (Allemagne, Italie, France) ont pesé. Sans compter l’absence de visibilité concernant le Brexit. Quoi qu’il en soit, la croissance en Europe devrait se stabiliser à compter du printemps 2019, les tensions politiques restant vives d’ici les élections européennes. Du côté des prix, l’inflation sous-jacente (hors énergie et alimentation) devrait rester faible (proche de 1 %) en 2019. La BCE, qui a mis fin en décembre 2018 à son programme d’achats d’actifs, pourrait procéder à de nouveaux prêts au secteur bancaire (TLTRO*). Aucune hausse de taux d’intérêt ne se profile en 2019.

Dans les économies émergentes, la croissance a commencé à faiblir en 2018. De nombreuses banques centrales ont mis un terme à leur politique d’assouplissement monétaire voire ont augmenté leurs taux, afin de contenir l’inflation induite par la dépréciation de leur devise face au dollar. Les marchés émergents ont été affaiblis par l’accroissement des risques géopolitiques et internationaux et des risques idiosyncratiques (crises en Turquie et en Argentine) mais aussi par la guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine.

Les économies ne resteront pas synchrones en 2019. En dépit d’évolutions très contrastées selon les pays, la croissance devrait légèrement se ressaisir à l’horizon de la fin 2019 dans les pays émergents, tandis qu’elle devrait se stabiliser voire ralentir dans les économies avancées. En définitive, la croissance mondiale se stabiliserait aux alentours de 3,5 % en 2019 et 2020.

Remontée des taux, tensions commerciales entre les États-Unis et la Chine, retour de la volatilité sur les marchés, Brexit… Face à l’incertitude, les investisseurs se sont repliés vers des placements moins risqués, plus diversifiés et ont joué la carte de la décorrélation.

En Europe, la collecte nette sur les fonds a péniblement atteint +62 Mds€, loin du record de 2017 (+846 Mds€). Dans ce contexte, ce sont les fonds diversifiés, notamment ceux offrant des allocations flexibles, équilibrées et ceux délivrant un revenu régulier, qui ont le mieux tiré leur épingle du jeu (+77 Mds€). Les actions ont également été plébiscitées (+46 Mds€), en particulier les fonds investis sur les marchés internationaux, émergents, US et thématiques. Les fonds investis en immobilier ont également connu un grand succès (+10 Mds€). À l’inverse, les fonds obligataires ont subi de forts rachats (-70 Mds€), à l’exception de quelques produits non traditionnels comme ceux ayant un objectif de performance absolue.

En Asie, la collecte sur les fonds a été particulièrement dynamique : +317 Mds€ en 2018, quoiqu’en baisse de 20 % par rapport à 2017. Ce résultat s’explique par l’appétit toujours soutenu des investisseurs chinois pour les fonds monétaires (+142 Mds€) et, dans une moindre mesure, par l’intérêt pour les actions, en particulier au Japon, en Chine et en Inde.

Aux États-Unis, les flux ont atteint +291 Mds€ en 2018, soit une baisse de près de 60 % sur un an. Les investisseurs se sont tournés vers les produits de taux, à la fois les fonds monétaires et obligataires à court terme (respectivement +195 et +77 Mds€). Les actions internationales (+69 Mds€) ont été préférées aux actions locales (+36 Mds€). De même, les fonds à horizon (préparation de la retraite) ont attiré +57 Mds€.

La gestion passive a poursuivi son essor, tant sur les actions que sur les taux, et a représenté +83 Mds€ de collecte nette en Europe, +128 Mds€ en Asie et +372 Mds€ aux États-Unis.

Les investissements responsables et durables (ESG)*  ont continué à se développer (+54 Mds€) de par le monde, sur toutes les classes d’actifs et auprès de tous les segments de clients.

Collecte nette 2018 par régionet par classe d ’actifs (en mds€)

Asie-Pacifique 317

États-Unis 291

Europe 62

  • Actions
  • Obligations
  • Diversifiés
  • Marché monétaire
  • Autres

Sources : Broadridge Financial Solutions – FundFile, Deutsche Bank (ETF market), Amundi / Fonds ouverts (hors mandats et fonds dédiés) – décembre 2018.